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Ce recueil de poèmes est un hymne à la musique des mots. La musicienne et auteure Faya Chidekh compose ici une oeuvre singulière et authentique, alliant formes classiques et nouvelles, combinant le tragique et le comique et passant de la gravité à la légèreté. Faya Chidekh nous invite au voyage de ses mots sous forme de superbes improvisations au prétexte de jardin !

Jardin de Poèmes est la métaphore du jardin entretenu, arrosé, modifié et surtout clôturé ! C'est le jardin où l'on se repose, où l'on rêve, où l'on s'endort.

Herbes Folles est la partie en friche de ce jardin. La parcelle oubliée, le champ indomptable et sauvage. C'est un endroit de découverte, de surprise, d'instantané.

 

 

 

 

 

 

EXTRAITS JARDIN DE POÈMES

LA DERNIÈRE FOIS

Enfin, j’ai compris

Du temps, il m’aura fallu

Par des fautes et défi

Mon cœur s’est fendu.

 

J’effleure ma mémoire,

La même phrase qui revient

Comme une gifle en pleine poire

Dés le début, je connaissais la fin.

 

C’est la dernière fois que je dis je t’aime

A l’infinitif et sur tous les thèmes.

Et encore une fois que tu me comprennes

C’est définitif, pas de mais qui tienne !

 

Je suis fatiguée d’être un ange,

Une image qui s’enflamme.

Cette fatalité me dérange,

Je ne suis qu’une femme !

 

Des caresses en capitales

Tu fais fondre sur ma peau

Sur mon corps de femme fatale

Tu signes ton dernier mot!

 

C’est la dernière fois que je dis je t’aime

Plus de baisers fous, de promesses vaines

De ces amours là, ce n’est plus la peine

C’est définitif, je joue plus cette scène !

 

Que de foutaises, de fantaisies

 J’aurais plus de chance au Loto !

Tu dévastes mon cœur, tu t’enfuis

Et tu me quittes avec un texto !

 

Je ne savais pas que sonnait déjà

L’heure de mes funérailles.

Peut-être que ? c’est bien ça

J’avais cru à des fiançailles !

 

C’est la dernière fois que je dis je t’aime

C’est ma symphonie, c’est mon requiem.

Et pour que bleues, rouges soient mes veines

C’est définitif, il faut que tu reviennes !

 

Février 2012. ©

JOURS DE PLEURS

Aujourd’hui, jour de pleurs.

Larmes de vent ou gouttes de sang ?

Rouge arc en ciel ou baisers de miel ?

Mon corps ruisselle, mon corps s’emmêle,

Je fond d’amour, je feint de vivre.

 

Comme le fleuve, je me jette à la source

Et retourne au silence originel.

Comme le monde, je tourne à l’envers

Et scrute l’univers.

Comme l’amour, je ne suis qu’utopie

Et m’enivre de charnel.

 

Je cours, je m’essouffle,

Mais mon cœur immobile

Sait que c’est inutile !

Je me bat, je m’élance,

Mais mon corps meurtri

Sait que c’est fini !

J’imagine, je délire,

Mais mon âme sauvage

Sait que c’est le dernier voyage !

 

Aujourd’hui, c’est l’heure !

Des jours de pluie, des jours de pleurs.

 

Mai 2013. ©

MON SILENCE

Mon silence est rempli de toi.

Mon cœur qui bat, qui s’arrête

Qui s’effrite, te crie que

Mon silence est un vrai combat !

 

Mon silence ! Je me mords les doigts

En lisant tes mots ou sur une photo

Mais que pourrais je te dire, sinon que

Mon silence n’est pas ce que tu crois !

 

Mon silence ! mon bouclier, mon fier beffroi.

Entends tu sonner ma peine, mon désarroi ?

Entends tu qu’au delà des apparences

Mon silence est rempli de toi.

 

Mon silence ! Je sais que tu ne comprends pas.

Alors, souviens toi de mes mains, de mes sourires

Qui te chavire, du son de ma voix.

Écoute moi ! Et tu sauras alors que …

 

Mon silence est la plus belle Aria !

 

Juin 2013. ©

EXTRAITS HERBES FOLLES

EDEN

 

Détrompez-vous, Madame

 

Je ne vous dévoile pas mon âme.

 

Je prends la vôtre que vous gardez jalousement

 

Et vous assigne en redressement de sentiment.

 

Vous êtes accusée d’avoir donné trop d’amour

 

Et de n’en avoir jamais reçu.

 

Pour cela, vous êtes condamnée à être aimer pendant

 

Une éternité..

 

LABYRINTHE

 

 

 

Dehors, le vent, la pluie se déchaînent.

 

Je sais que je ne reverrais jamais ce moment.

 

Je ne sais pas pourquoi, mais c’est ainsi.

 

Je reste là, figée par la beauté de cet instant,

 

Et je ne sais pas pourquoi

 

Dehors, le vent, la pluie se déchaînent.

 

CONTRE ALLÉE

 

Pour reconnaître un être exceptionnel

 

Il faut avoir été frôler par le génie.

 

Pour tenter de vouloir en faire un être ordinaire,

 

Il faut faire preuve de la plus grande stupidité.